L’approche de Marion Leyssene fait écho aux pensées animistes, qui attribuent à l’ensemble du vivant, aux pierres, à l’eau ou au vent, une force vitale, une forme de conscience diffuse. Plus qu’un répertoire de symboles c’est une manière d’habiter le monde, de l’observer avec attention. Les pierres, les souches couvertes de lichens, éveillent une sensation d’ancrage, de continuité silencieuse. L’eau qui ruisselle, s’infiltre dans les sols ou polit lentement les roches évoque le mouvement discret du temps, force patiente, presque imperceptible, qui transforme sans cesse les formes, creuse la matière et inscrit la durée dans le paysage. Dans ce flux constant, elle perçoit à la fois la fragilité de l’instant et la persistance du monde. L’artiste ne cherche pas à reproduire les formes de la nature, préférant suggérer plutôt que décrire, afin d’ouvrir des espaces d’interprétation. Ses œuvres convoquent l’imaginaire, invitent au toucher, à la lenteur, à la contemplation.
