Posées à même la terre, comme des fossiles d’un monde à la fois révolu et en gestation, les matrices d'Elisabeth Gault, hybrides, désirables et inquiétantes, forment une cartographie des possibles enfouis. Entre restes d’avenirs déjà éclos et futurs en attente, l’installation donne corps à une croyance aborigène : toutes les potentialités gisent sous nos pieds, dans la terre, et c’est à la communauté des vivants – humains, animaux, plantes, minéraux, – d’en faire émerger certaines plutôt que d’autres. L’ensemble interroge notre responsabilité individuelle et collective, car si les potentialités sont souterraines, leur actualisation dépend de nos faits et gestes – ceux que nous faisons aujourd’hui, mais aussi ceux que nous avons omis de faire. Quels avenirs avons-nous étouffés sans le savoir ? Quels autres pourrions-nous encore faire advenir ?