La pratique de François Kamoun se situe à la croisée de l’architecture, du glanage, et de la céramique. Chaque élément récolté au fil de ses marches, chargé de l’histoire d’un lieu, s’inscrit dans sa création comme une mémoire réanimée, une empreinte transposée dans la matière. Son langage fait de symboles, forme d’écriture cunéiforme ancre ses totems dans une dimension qui évoque différentes temporalités et cultures. Son travail d’émaillage repose sur de multiples superpositions d’émaux, mélange de matières récoltées, matériaux bruts, granits concassés, sables ou cendre. Sur les surfaces se fondent couleurs et matières qui interagissent de manière imprévisible rendant chaque cuisson comme une aventure dans la matière et sa fusion. Ses totems avec leurs multiples strates de lectures, ancrés sur des morceaux de sols, de trottoirs ou de ruines, élevés dans l’espace incarnent le dialogue entre la terre et l’humain, l’histoire et l’instant présent.
