Jean-Pierre Cappato


Mon travail n’est pas basé sur une démarche précise bien établi, mais plutôt sur une intui-tion de départ, comme un désir profond de se confronter à la matière et de « mettre les mains dans le cambouis » ou dans la terre.

Pour moi, la sculpture est avant tout une affaire de mains : pétrir la glaise, empoigner les outils, apprécier les volumes, passer les œuvres au four… Bien sûr, tout cela ne serait rien sans l’esprit, mais rien non plus sans le travail du corps, la force de l’Homme imposée à la matière, gardé le goût de l’édification et l’amour des matériaux.

 

Je vous donne à voir un univers qui n’a jamais existé, un monde lointain où fonctionnent les mécaniques les plus improbables. Même si tout n’est en définitive qu’illusion, c’est la marque d’une époque où les machines peuvent avoir une utilité et servir à quelque chose.  On trouve à n’en pas douter une véritable fascination pour l’objet rouillé et inutilisable. Il s’agit alors de jouer sur les apparences ; imiter un boulon, un engrenage moulé sur un vrai modèle et donner au reste de l’œuvre son identité, sa caution esthétique. C’est ce que j’appelle la «contamination ». 

 

Je veux questionner avec humour notre humanité en créant des animaux machines ; équiper un requin grandeur nature d’un siège de tracteur et de pédales, gommant ainsi l’aspect carnassier du prédateur. Revisiter « La création d’Adam » de Michel-Ange et réduire la représentation de l’Action Divine à une dérisoire question d’articulation gainée incapable de fonctionner.

 

J’invite le spectateur à découvrir ce bestiaire oxydé qui nous ressemble étrangement et à devenir archéologue d’un monde perdu qui interroge nos origines mais aussi notre avenir…

 

 

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