Inspirée par des concepts scientifiques comme l'expansion cosmique ou la transformation de la matière, Julia Huteau "essaye de retranscrire un ressenti par rapport à un besoin d'évasion nourri par différent sujet comme l'inconnu". Elle doit une partie de ses recherches sur la couleur et la lumière à Johannes Itten, peintre, enseignant du Bauhaus et théoricien de l'art de la couleur, dont les écrits, publiés en 1967, l'ont guidée dans ses choix de compositions harmonieuses.

La série, De l'espace entre les couleurs, inspirée d'une phrase extraite d'un livre d'Hubert Reeves (Patience dans l'azur. L'évolution cosmique, Editions du Seuil, Paris, 1981), reflète son approche presque scientifique de la couleur, où elle s'impose des défis comme celui de "passer sur vingt centimètres du jaune au violet ou du orange au bleu". La gamme chromatique, servie par un jeu de transparences et de dégradés évoquant la décomposition du prisme de lumière, fait vibrer ses formes simples d'une force nouvelle. Un travail de grande précision.

Dernièrement, les sculptures Opus font références à l’architecture, au rythme et à la mélodie. Ici c’est le processus créatif qui est mis en avant. C’est le résultat d’un parallèle entre savoir-faire ancestraux (techniques de façonnages et émaux) et nouvelles technologies (certains volumes ont été dessiné en réalité virtuelle).

Toujours à l'affût de nouveaux chemins créatifs, Julia Huteau poursuit ses recherches autour du sujet du déchet, cette fois-ci les œuvres Left-over invitent le public à questionner la notion d’écologie. Cette réalité collective est mise en parallèle avec l’esthétisme. L’artiste nous donne à voir la forme brute. Plus rien n’est caché ou fignolé, c’est la spontanéité, le geste ou parfois la trace de la machine qui prédomine (formes extrudés ou estampés).

Julia Huteau explore l'inconnu avec ferveur et constance, sans se départir d'une cohérence plastique. Elle repousse sans cesse les limites de son expression artistique et céramique.

 

 

http://juliahuteau.com/